BRISONS LE MYTHE #1 | L’ALCOOL ET L’ALLAITEMENT

Dans tous les domaines, des mythes et des croyances prospèrent de générations en générations. Il est parfois difficile de les contrer, car comme toute légende, cela raconte une histoire passionnante. Dans cette série "BRISONS LE MYTHE" , A mon tour de raconter une histoire, dont la fin se rapproche davantage de la réalité, puisque mes propos sont sourcés, justifiés et facilement vérifiables sur les sites de références dans les thèmes que j'aborderai.

L'ALCOOL ET L'ALLAITEMENT

Tranquillement attablée en famille, Tonton Abdon vous propose de remplir votre verre de ce délicieux breuvage dont la réputation n’est plus à faire. Vous salivez d’avance, et vous acceptez aimablement….

QUAND SOUDAIN  :  

« Keu-Wa ?! Tu OSES boire un Kir Royal alors que tu allaites ? Mais Ça va Pas la tête ? Tu veux rendre ton Bébé ivre ?! Tu vas tirer ton lait avant/pendant/après, ne pas donner le sein pendant 8h et tu me feras 4 tours de stade. Cordialement ! »

Cette remarque est tout à fait légitime de la part de tata Gertrude. Je vais vous raconter son histoire vécue en 1996 :

Pendant toute la grossesse de son petit Michel , on lui a rabâché : « Repose donc ce verre de Picon, Gertrude, tu n’as pas le droit de boire d’alcool ! »

Et c’est vrai !

Boire de l’alcool pendant la grossesse peut causer des dommages irréversibles sur la santé du bébé, des campagnes de sensibilisation ont lieu régulièrement depuis des années, cette fatalité n’est plus à prouver.

Gertrude a donc suivi cette recommandation à la lettre pendant 9 Mois. On ne rigole pas avec ça. Il en va de la vie de son enfant qu’elle chérit de toute son âme. Tellement qu’elle s’imagine même allaiter son petit Michel !

Mais 9 mois sans Picon-bière , c'est trop.

2 choix s’offrent alors à elle :
⁃ Faire une croix sur le Picon-bière jusqu’au sevrage.
⁃ Boire du Picon-bière et ne pas allaiter son Bébé joufflu.

Choix Cornélien… Parce qu’il n’y avait pas de 3e choix possible selon-elle.

Nous voici en 2018, des études sérieuses ont été menées il y a quelques années sur l’alcool durant l’allaitement :

L'alcool passe dans le lait, où il se trouve à un taux similaire à celui présent dans le sang (soit très faible habituellement), mais ne modifie pas la composition du lait. Ni en bien, ni en mal. Divers facteurs influencent ce passage : degré alcoolique du liquide ingéré, rapidité avec laquelle il est ingéré, quantité d'alcool absorbée, le fait que l'estomac soit vide ou non, le poids de la mère et sa masse grasse. La réponse à l'ingestion d'alcool est différente chez les femmes allaitantes et chez les femmes non allaitantes. Une étude a montré que la biodisponibilité de l'alcool était moindre chez les femmes allaitantes ; le pic sanguin serait moins élevé, et l'élimination serait plus rapide. La présence d'aliments dans l'estomac ralentit l'absorption de l'alcool, surtout si ces aliments sont riches en graisses. L'alcool est métabolisé par le foie à une vitesse fixe ; le temps nécessaire à éliminer l'alcool suivra donc une courbe linéaire en fonction de la quantité d'alcool absorbée. Le pic lacté est observé au bout de 30 à 60 minutes si l'alcool a été consommé à jeun, et au bout de 60 à 90 minutes s'il y a eu prise d'aliments. La baisse du taux lacté est parallèle à celle du taux sérique : quand le taux sanguin d’alcool baisse, l’alcool présent dans le lait repart dans le sang. Tirer le lait n’aura strictement aucun impact sur la rapidité d’élimination de l’alcool. Lorsqu’il est pris en quantité faible ou modérée, l’alcool est métabolisé en quelques heures (il est essentiellement transformé en eau et en gaz carbonique). A doses élevées (supérieures à 150 g sur une courte période), son taux sanguin sera suffisant pour induire des dégâts cellulaires (foie, pancréas), et nécessiter la mise en place de moyens « anormaux » d’élimination par l’organisme.
Une mère ne devrait pas boire d'alcool pendant l'allaitement. FAUX ! Une consommation raisonnable d'alcool n'est pas du tout à déconseiller. Comme c'est le cas pour la plupart des médicaments, une très faible quantité d'alcool passe dans le lait. La mère peut boire un peu d'alcool et continuer à allaiter comme elle le fait normalement. Interdire l'alcool, c'est encore une façon de rendre la vie inutilement contraignante aux mères qui allaitent.


De quoi faire regretter Tata Gertrude de ne pas avoir allaité hein !

De part mon expérience, lors de mon premier allaitement, j’ai cru à ce mythe, je n’ai pas bu une seule goutte d’alcool.Je me privais de petits breuvages sympathiques…
En toute honnêteté, ça ne me manquait pas tant que cela, puisque je ne suis pas du tout une grande consommatrice de boissons alcoolisées à la base. Mais Comme tout être humain parfaitement logique : Je louchais sur ce qui m’était alors inaccessible !

Néanmoins, les années passant, j’ai acquis un peu de connaissances dans le domaine, j’ai donc appris que boire de l’alcool pendant l’allaitement n’avait qu’un impact minime sur les tétées. Cela m’avait fait un drôle d’effet et j’avais un peu de mal à y croire… Je trouvais cela très étonnant !

Allaitante, je ne m’autorise pas l’ivresse pour autant ! Mais à l’occasion, il m’arrive de boire une petite blonde, une coupe de champagne, si l’envie me prend. En parfait contrôle et en pleine conscience… Comme d’habitude !

Je sais que mon enfant ne risque rien et que je ne mets rien en péril. Ça me fait plaisir et flatte mes origines Flamandes !

 

alcool et allaitement mythe
Un bébé se cache dans cette image : sauras-tu le retrouver ? :p

Un verre de temps à autre, pourquoi pas : Tout est question de modération et de Bon-sens : qu’on allaite ou pas, il n’est pas question de se mettre dans des situations dangereuses et de mettre sa vie en danger. l’alcool fait des ravages et tue des milliers de personnes chaque année.

Si l’alcool est un fléau, rapprochez vous des organisations compétentes qui vous accompagneront vers l’indépendance et la liberté.


Par cet article je veux démontrer que l'allaitement doit rester votre premier choix, consommatrice d'alcool ou non. Il est à noter, toutefois, qu'allaiter en état d'ébriété comporte un risque sécuritaire important pour vous et votre bébé, le manque d'attention provoqué par cet état peut favoriser le risque de chute et de comportement inconsidéré de votre part. Soyez vigilantes, et prévoyez en amont une solution adaptée et sécuritaire pour votre bébé. Même en état de coma éthylique, sachez que votre lait sera TOUJOURS bon pour votre bébé et restera d'une qualité supérieure aux préparations commerciales.

Et vous, Le saviez-vous ? Consommez vous un peu d’alcool de temps en temps ou pas du tout ?

N’hésitez pas à me le dire en commentaires 😊

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